Gare de Montpellier, j’ai pris le train avec mon père. C’est mon anniversaire. Ma mère me porte, je suis heureuse. École maternelle, l’angoisse des gens, la cantine, mes pleurs. Je me plains des maux de gorge dans l’espoir de rentrer chez moi. La forêt entoure ma maison, moi dans la poussette, mon père me pousse. Plaisir d’une balade. Dans la Kangoo verte de ma mère, à la radio une pub pour crozatier tous les matins. L’angoisse d’être en retard à l’école. D’aller à l’école ? Palavas, à la sortie d’un karaoké, mon père traverse la route, l’alcool, une voiture qui arrive, la montre brisée sur le sol que je me dépêche de récupérer. La gare, un café, mon père, MarieLouise, un mensonge sur la montre cassée. L’angoisse qui revient.
Montpellier, l’esplanade, le tour de poney avec mon frère et mon père. Je suis bien. On est bien. On rit. Le mas, la chambre de Marion, dans le noir, on fume des fleurs. Sentiment de liberté. Salle Léo Ferré, spectacle de mon frère, il joue un poulpe. Mon père, l’alcool, le scandale. Mon scandale. Mes cris, mes pleurs. Palavas, la plage, des amis, notre danse en rond, la casquette au milieu et l’espoir de gagner de l’argent. Palavas, l’appartement, mon père, ses amis, l’alcool, leurs jeux. Ils lancent des assiettes par la fenêtre. Mon angoisse, toujours. Boulox, Paula et Marion, notre voyage en scooter, cinq heures de scooter. Les pâtes mangées au poste à 3 heures du mat. Le bus, mon frère et moi assis côte à côte. Je m’occupe de lui, il me dit des mots qui pourraient paraître incompréhensibles. Moi, je le comprends, c’est mon frère. Je l’aime. Palavas, Funérarium. Plus d’alcool. Mon angoisse, cette angoisse, ne sera plus jamais là.



















